Séguin, Villiers, Chevènement : la malédiction des hérauts du Non
On pourrait l'appeler la malédiction de Maastricht. Comme Jacques de Molay, patron des Templiers, maudissant de son bûcher Philippe le Bel et sa progéniture royale, Jacques Delors avait prévenu tous les opposants au traité européen : « Messieurs, ou vous changez d'attitude, ou vous abandonnez la politique. » Pas vraiment démocratique, mais redoutablement prophétique : vingt ans après, Philippe Séguin est mort ; les juges et l'âge ont rattrapé Charles Pasqua ; Jean-Marie Le Pen n'est jamais sorti de son ghetto ; la trahison et la maladie ont marginalisé Philippe de Villiers et Jean-Pierre Chevènement prêche dans le désert de la gauche hollandaise. Les hérauts du « non » avaient pourtant tout prévu, tout annoncé ; mais ils ont perdu. Mort aux vaincus ! Alors que leur reste-t-il ? L'Histoire. Tandis que Le Pen rédige ses Mémoires et que Chevènement publiait il y a quelques semaines une remarquable étude sur l'Europe au XX e siècle, Villiers sort un Roman de Saint Louis tandis que l'ancien bras droit du « Che », Max Gallo, évoque la figure de sainte Geneviève.

Eric Zemmour
(Le Figaro, extrait de sa Chronique du 14/11/2013)
"L'Histoire comme arme politique"


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